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DROIT DE LA FAMILLE
Maladie, accident, vieillissement, personne n’est à l’abri. Mais tout le monde peut s’y préparer.
Il existe une question que beaucoup de gens se posent sans jamais la formuler vraiment : « Si demain je ne suis plus en mesure de gérer mes affaires, qui s’en chargera et comment ? » Le mandat de protection future notarié est précisément la réponse juridique à cette question. Un outil discret, puissant, et largement sous-utilisé.
– I
Le principe est d’une élégance redoutable : vous désignez aujourd’hui, alors que vous êtes en pleine possession de vos facultés, la personne qui vous représentera si vous venez à ne plus pouvoir gérer seul votre vie quotidienne, votre patrimoine, vos décisions médicales.
Sans ce mandat, c’est le juge qui tranche : mesure de tutelle, curatelle, habilitation familiale. Ces mécanismes sont tout à fait respectables, mais ils ont un point commun : vous n’en avez pas choisi les protagonistes. Avec le mandat de protection future, vous gardez la main. Tant qu’il en est encore temps.
Le mandat de protection future, c’est un peu le testament de la confiance : vous désignez, de votre vivant et en pleine lucidité, la personne à qui vous faites confiance pour vous protéger quand vous en aurez besoin.
– II
Le mandat de protection future peut être rédigé sous seing privé, avec deux avocats et sans notaire. Mais cette forme est significativement plus limitée dans ses effets. La forme notariée, elle, ouvre un champ de pouvoirs bien plus étendu.
En clair : avec un mandat notarié, votre mandataire peut gérer l’intégralité de votre patrimoine, vendre un bien immobilier, percevoir des revenus, conclure des baux, dans les mêmes conditions qu’un tuteur. C’est ce que prévoit l’article 490 du Code civil, par dérogation au droit commun du mandat.
UNE LIMITE ABSOLUE À RETENIR
Même avec un mandat notarié aux pouvoirs très étendus, votre mandataire ne pourra jamais vendre votre résidence principale ou secondaire sans autorisation du juge des tutelles. C’est l’article 426 du Code civil : une protection d’ordre public, intouchable. Votre logement reste votre logement.
– III
Le mandat ne prend effet que si et quand vous ne pouvez plus pourvoir seul à vos intérêts. Cette situation est constatée par un médecin inscrit sur une liste établie par le procureur de la République. Le mandataire présente ensuite ce certificat au greffe du tribunal, qui vise le mandat, et c’est parti.
Tant que vous êtes en pleine capacité, le mandat dort dans les minutes du notaire. Il ne produit aucun effet et ne crée aucune contrainte.
– IV
LA PUBLICITÉ DU MANDAT
Depuis le décret du 16 novembre 2024, un registre dématérialisé tenu par le ministère de la Justice permet d’inscrire votre mandat. Cette inscription sécurise les tiers et évite qu’un mandataire agisse dans l’ombre.
– V
Une idée reçue tenace veut que le mandat de protection future soit réservé aux personnes âgées ou malades. C’est une erreur. Un accident de la route, un AVC à 45 ans, une dépression sévère, la vulnérabilité ne prévient pas. Et plus vous attendez pour rédiger ce mandat, plus vous risquez de ne plus avoir la capacité juridique de le faire.
Souhaite désigner un enfant de confiance plutôt que laisser un juge décider.
Veut garantir la continuité de la gestion de son patrimoine en cas d’incapacité soudaine.
Anticipe les tensions potentielles en désignant clairement ses représentants.
– VI
Oui, librement, tant que le mandat n’est pas encore activé. Une fois mis en œuvre, c’est-à-dire après le visa du greffier, le mandant ne peut plus le modifier ni le révoquer seul. Seul le juge peut le révoquer.
Si le mandat ne prévoit pas de mandataire remplaçant, le mandat tombe. C’est pourquoi il est vivement conseillé d’anticiper cette hypothèse dès la rédaction, en désignant un mandataire subsidiaire.
Oui. Le mandat peut s’étendre à la protection de la personne, permettant au mandataire d’exercer les missions confiées habituellement à la personne de confiance ou au représentant légal en matière de santé.
Le juge des tutelles peut ouvrir une mesure de protection complémentaire, curatelle, tutelle partielle, tout en maintenant le mandat pour les aspects qu’il couvre bien. Les deux dispositifs peuvent coexister.
PRÉPARER L’IMPRÉVISIBLE, C’EST DÉJÀ AGIR
La rédaction d’un mandat de protection future notarié demande réflexion, précision dans le choix des intervenants et un conseil adapté à votre situation patrimoniale et familiale. L’étude de Maître Daniel Sole Y Serra accompagne les particuliers et les familles du Sud Luberon, du Val Durance, du Pays d’Aix, et partout en France, dans cette démarche d’anticipation.