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DROIT IMMOBILIER
Un outil souple, idéal lorsque l’acheteur a besoin de temps pour consolider son projet sans laisser le bien lui échapper.
Vous avez trouvé le bien de vos rêves à Pertuis ou dans le Sud Luberon, mais vous avez besoin d’un peu de temps avant de vous décider ? Ou vous êtes vendeur et un acquéreur vous demande de lui réserver votre bien le temps qu’il boucle son financement ? Dans ces situations, la promesse unilatérale de vente peut être l’outil juridique adapté.
La promesse unilatérale de vente est un avant-contrat par lequel le vendeur, appelé le promettant, s’engage définitivement à vendre son bien à un acquéreur potentiel, le bénéficiaire, qui dispose, lui, d’un droit d’option : il peut choisir d’acheter ou non, dans un délai déterminé. En clair : le vendeur est engagé, l’acheteur réfléchit. C’est l’asymétrie qui caractérise cet acte.
C’est la question que tout le monde se pose. Et la réponse, depuis la réforme du droit des contrats de 2016, est claire : non. Pendant longtemps, la jurisprudence avait admis que le vendeur pouvait se rétracter avant que l’acheteur lève son option, au prix du seul versement de dommages-intérêts, une position très critiquée, qui plaçait l’acheteur dans une situation précaire.
DEPUIS L’ORDONNANCE DU 10 FÉVRIER 2016
L’article 1124 du Code civil est sans ambiguïté : la rétractation du vendeur pendant le délai d’option n’empêche pas la formation de la vente. La Cour de cassation l’a confirmé avec force. Concrètement : si le vendeur tente de se rétracter et que l’acheteur lève quand même son option, la vente peut être forcée judiciairement.
En contrepartie de l’exclusivité qui lui est accordée, l’acheteur verse généralement une indemnité d’immobilisation, en pratique souvent fixée entre 5 et 10 % du prix de vente. Cette somme n’est pas une pénalité : c’est le prix de la liberté que conserve l’acheteur de ne pas acheter. Si l’option est levée, elle s’impute sur le prix. Si l’acheteur renonce, elle reste acquise au vendeur.
ATTENTION
Si le montant de cette indemnité est tellement élevé qu’il prive l’acheteur de toute liberté réelle de renoncer, la promesse unilatérale risque d’être requalifiée en compromis de vente avec des conséquences juridiques très différentes.
Comme tout avant-contrat immobilier, la promesse unilatérale est généralement assortie de conditions suspensives : obtention d’un prêt, d’un permis de construire, purge d’un droit de préemption. Si ces conditions ne se réalisent pas, et que ce n’est pas de la faute de l’acheteur, l’avant-contrat devient caduc et les sommes versées sont restituées.
La promesse unilatérale est un outil souple, particulièrement adapté lorsque l’acheteur a besoin de temps sans pour autant laisser le bien lui échapper. Mais sa rédaction est technique : une indemnité mal calibrée ou une clause mal rédigée peuvent avoir des conséquences significatives pour l’une ou l’autre des parties.
DROIT DE L’ENTREPRISE
Associer des enfants mineurs à une SCI est possible mais pas anodin. Certains actes de disposition requièrent une autorisation judiciaire (juge des tutelles), et l’administrateur légal ne peut pas agir seul dans toutes les situations. Cette configuration doit être anticipée dès la rédaction des statuts.